D'Yrsan, histoire de la marque

Si l'on en croit le bulletin du M.C.F., Raymond Siran était la " tête de turc" favorite de Robert Sénéchal, président de ce club, qui ne manquait pas de l'égratigner à chaque fois qu'il en avait l'occasion. En autre, il l'appelait le "grand constructeur", grand par la taille et non par sa production... Entre producteurs de voiture confidentielle, c'était de bonne guerre.

Raymond Siran devait sa réputation à la construction de motocyclettes. C'est donc tout naturellement qu'il s'orienta vers le "trois roues" lorsqu'il lui prit l'envie de s'étendre vers le cyclecar.

Le châssis tubulaire était d'inspiration Morgan, par contre la suspension avant était parfaitement originale. Deux ressorts transversaux maintenues par deux verticaux tenaient lieu d'essieu. Les différents moteurs Ruby culbutés équipèrent le D'yrsan.

Il faut remarquer qu'en se lançant dans la construction mécanique, Raymond Siran avait choisi un pseudonyme, car son vrai nom était de Siran de Cavanac.

Moins joli que le Sandford, moins efficace que le Darmont Spécial, le D'Yrsan n'en était pas moins très réussi. Siran et son pilote Krebs se partageaient le volant en compétition. Avec un modèle de reccord, le "Scarabée", très profilé et peint aux couleurs de cet insecte, Krebs atteignit le 125Km/h, à Arpajon.

Comme Sandford et Darmont, Siran construisit quelques "quatre roues".Il fut d'ailleurs le seul à réussir cette reconversion en présentant quelques voitures remarquables qui figurèrent honorablement en course.

D'yrsan sombra en 1928, et c'est dommage, car Siran avait fait construire un très beau moteur chez Michel-Aviation, un six cylindre à compresseur 1500 cmc semblable au Riley britaniques.

Malheureusement le palmarès de Raymond Siran ne fut brillant que dans la branche motocycliste de son industrie: un record de monde en 350 cmc à 140,845 Km/h.